Jeudi 29 mars 2012
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Après la sortie le 27
mars 2012 de son maxi single baptisé « Enfant soldat », le rappeur camerounais s’est confié à nous. Il nous parle
de cet opus en prélude à l’album qui sortira officiellement en septembre 2012.
C’est quoi « Enfant
soldat » ?
« Enfant soldat » parle de beaucoup de choses dans l’ensemble. Du premier
au septième titre, on se rend à l’évidence que ça développe beaucoup de problèmes, des maux qui minent l’Afrique. « Enfant soldat », le titre en lui-même parle d’une situation de guerre
d’un jeune rwandais qui s’appelle Ali qui va en guerre au Congo. Et pendant la guerre, il perd tous ses membres parce qu’un autre enfant soldat le calculait. C’est l’histoire d’un enfant qui a
perdu ses parents dans la guerre et qui a tellement de haine à faire du mal aux autres.
Quelle relation peut-on faire entre l’album « Black Alice » et ce
maxi single ?
« Black Alice » est sortie plus précisément le 21 mars 2009. En réalité,
il n’y a pas de lien entre les deux. C’est deux projets différents mais le même artiste que je suis, c’est le style d’écriture. C’est ma pensée, c’est tout ce que je suis. S’agissant des thèmes,
dans « Black Alice », c’est assez égocentrique parce que je parlais de ma vie, de mes expériences, de mes problèmes ; contrairement au maxi single où je parle des autres, des
problèmes des africains. J’ai essayé d’ouvrir le concept parce qu’il fallait sortir du cadre camerounais. L’avantage que j’ai est que je suis distribué dans le monde entier. J’ai voulu
m’identifier en tant que panafricain dans ma thématique, dans mon écriture pour un public assez large.

Est-ce donc pour Monsieur Terror, un maxi de la
maturité ?
Maturité… (Hésitation), forcément parce que la musique se bonifie avec l’âge comme
du vin. Plus ça met du temps dans la cave, plus ça devient plus intéressant. C’est normal qu’on puisse dire que je suis mature aujourd’hui. J’ai évolué. Je ne vais pas que rester artiste rappeur
camerounais mais international. Ma musique est aujourd’hui écoutée en France. Il y a de très bonnes critiques parce qu’on la télécharge légalement sur internet. Je suis sur des sites français et
le milieu du rap français me reconnaît comme rappeur français. L’idéal est de rendre notre musique internationale comme Eto’o a rendu notre football international.
Très souvent, les rappeurs s’appuient sur leur vécu pour écrire leur texte.
Au Ccameroun, on n’a pas encore vécu de guerre. D’où vient cette « rencontre » avec Ali ?
L’histoire d’Ali est vraie dans le sens où, ce sont des situations que nous
connaissons tous. Nous suivons tous des informations. Ali est un personnage que j’ai crée dans la chanson. L’écriture est une chose assez énorme. On peut écrire un roman avec des personnages qui
n’existent pas. J’ai crée Ali et je lui ai fait jouer ce rôle et faire comprendre aux jeunes de chez nous que la guerre n’est pas bien. Et dans la guerre, ce sont les enfants qui payent le gros
prix.

D’aucuns vous dirons que cette musique aurait fait le
« buzz » dans le monde si nous étions encore en 1994 avec le génocide rwandais.
C’est très faux. Parce que dans la situation de l’enfant soldat, ce n’est pas le
problème du génocide rwandais. Je pense qu’en 2001 ou 2002, le Congo a été attaqué par le Rwandais. C’était un problème territorial et non de génocide. Les Rwandais avaient envahit une partie du
Congo, pilés les boutiques pour retourner chez eux. Mais beaucoup de personnes ne connaissent pas. Quand on parle du Rwanda, on pense directement au génocide et ce n’est pas bien.
Beaucoup de featuring dans ce maxi single « Enfant soldat ».
Est-ce un choix personnel ou un choix dicté par votre maison de production ?
C’est une volonté personnelle parce que dans « Black
Alice », j’ai travaillé presque tout seul du premier au dernier titre même si j’avais fait un titre avec Black Napoléon, un autre avec Franky P et un autre avec Mister B. pour moi,
c’était une nécessité de m’ouvrir parce que je me projette désormais à m’international. Je dois être ouvert et je dois collaborer avec des personnes qui ont un talent fort pour que nous puissions
monter tous ensemble. Aujourd’hui, on ne peut plus faire la musique seule.
Ces collaborations sont-elles alors les meilleures ?
Pour moi, ce sont les meilleurs. J’ai fais une collaboration avec Duc-Z qui, pour
moi, est le meilleur chanteur de Rn’b camerounais, il est hyper talentueux et il a su saisir sa chance dernièrement. Je le connais depuis très longtemps. Il a commencé devant moi alors qu’il
était très petit. Avec Jade du groupe Maracasse, c’est une très bonne chanteuse pour moi. La preuve, elle est arrivée en France, ça ne fait pas très longtemps et elle est sur de très bonnes
scènes. Ça prouve qu’il y a beaucoup de talents chez nous. Mais, il y a trop de pression à cause du système. J’ai travaillé avec Sagnolik, c’est l’un des meilleurs rappeurs de la Guinée Conakry.
Avec eux, ça me permet de me surpasser et aller aussi loin parce que la concurrence est très rude.

En gros, c’est quoi le message qu’il faudra retenir en écoutant ce
maxi ?
Le message, pour la jeunesse africaine, est qu’on peut réussir ici. Le tout
c’est de se battre, de croire en soi ; d’avoir une imagination assez forte parce que c’est dans l’imagination qu’on va réussir aujourd’hui.
Quels sont les projets actuels ?
Mon plus gros projet actuellement, c’est mon album sur lequel je travaille. J’ai
des nouvelles musiques qui sont arrivées, il n’a pas longtemps. Je suis concentré dessus. Je compte juste faire beaucoup de scènes, radios et télévisions pour faire connaître le maxi, ma vision
et autres.
Entretien avec :
Frank William BATCHOU