Partager l'article ! Dieudonne Nzoke : « Nous voulons faire de ce pont, un patrimoine mondial »: Le délégué du gouvernement auprès de la Co ...
Le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine d’Edéa nous parle du projet « les flâneurs » en coup de réalisation, le rôle joué par les différentes parties impliquées et son apport pour la ville d’Edéa.
Parlez-nous du projet « les flâneurs d’Edéa ».
Il faut commencer par la genèse des choses. Le pont allemand est pour nous, un joyau culturel. L’idée que nous avions c’est d’en faire un patrimoine mondial c'est-à-dire, qu’il soit pris en charge par l’Unesco. Nous avons eu beaucoup de difficultés à faire passer cela. Mais, nous ne nous décourageons pas encore totalement. L’un dans l’autre, on a trouvé que les Allemands à travers l’Institut-Goethe fêtaient leur cinquantenaire. Et ils avaient envie de faire un projet culturel au Cameroun. Le pont épousait leur vision. C’est de la rencontres de ces deux volontés qu’est née l’idée de faire de ce pont quel que chose de culturel. Les allemands nous ont présenté l’artiste plasticien international Tayou. Nous avons eu une série d’entretiens avec lui de notre pensée et de la sienne. C’est de là que nous avons abouti aux flâneurs. Un projet flatteur qui représente à la fois la rencontre des deux cultures (européenne et africaine représentée par le Cameroun). En même temps, j’avais envie de faire une œuvre universelle comme celle faite par Abdoulaye Wade, le président sénégalais. Ainsi, quel que soit le lieu où l’on vient, qu’on se demande : qu’est ce qu’on a voulu représenter ici ? Et qu’est ce que c’est ? Il représentera des gens habillés en mode européenne, d’autres habillés à l’africaine et un patriarche dans le jardin qui veille sur tout ce monde. Le but était d’avoir à la fois : un projet culturel et touristique pouvant nous faire rentrer quelques devises parce qu’Edéa n’est pas une ville touristique.
Est-ce à cause du tourisme que vous avez donc accepté la réalisation de ce projet ?
Pas du tout. Simplement, nous voulons faire du pont, un patrimoine mondial et le faire passer à l’Unesco parce qu’on estime que c’est une œuvre d’art. C’est l’un des rares ponts lancé sans soutien en dessous. S’il y en a deux en Afrique, je crois que c’est le premier et il est centenaire aujourd’hui. On veut en faire un patrimoine comme ce fut le cas avec le palais Bamoun. A défaut de ça, on a trouvé chez les Allemands, une réponse à ce que nous avons tant désiré. Nos points de vue ce sont donc rencontrés dans ce projet « Flâneurs d’Edéa » à travers l’artiste international Tayou qui ne voit pas les choses uniquement du point de vu africain.
Quel est le rôle joué par les différentes parties à savoir la Communauté urbaine d’Edéa et les allemands via l’Institut-Goethe ?
La C.U est le promoteur. L’Institut-Goethe est à la fois un partenaire culturel et financier. Nous contribuons à l’œuvre par nos techniciens qui disent ce qu’il faut faire ou non. Lors de la cérémonie d’inauguration, la grosse partie du financement nous reviendra. De plus, nous avons l’intention de nous adresser à la KFW pour relustrer le pont parce qu’il a pris un coup de vieux. Pour valoriser ce projet qui va naître, le pont doit refléter une nouvelle beauté. A côté de ce projet principal, il y a des projets satellites qui gravitent tout autour. Et le premier de ces projets sera fait à la Préfecture d’Edéa sous forme d’un arbre avec des branches portant les écritures bamoun ; même si on n’est pas en territoire bamoun. Il symbolise la prospérité et sera aussi financé par les Allemands. Ces projets satellites qui seront réalisés dans la ville par la C.U, seront liés au projet du pont pour faire un tout culturel et touristique. Nous voulons que cette série de projets devienne un circuit touristique comme à Douala avec les monuments qui ont été construits.
Avez-vous été confrontées à des difficultés pour la réalisation de ce projet ?
Non. Une porte financière a été ouverte avec l’Institut-Goethe. Il y avait un budget pour ça. Cependant, on a eu quelques problèmes techniques parce qu’étant un pont lancé sans un soutien en dessous, il ne fallait pas toucher les fondations pendant la réalisation des flâneurs. Ainsi, beaucoup d’études réalisées par des cabinets d’expert ont été faites pour ne pas toucher les soubassements du pont.
Que feriez-vous pour préserver ce patrimoine que nous voulons mondial parce qu’on a eu beaucoup d’œuvres réalisées et qui ont été détruites par des badauds ?
Edéa est une place fortifiée. Il y a ici la base sol-air (Raza). Cette ville est assez sécurisée. C’est pourquoi, quand il y a des troubles partout au Cameroun, il y en a presque pas à Edéa. Bien que ce soit un endroit plus ou moins sécurisé, nous comptons continuer notre projet, celui d’en faire un patrimoine mondial.
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