Partager l'article ! Les flâneurs d’Edéa : Un pont transculturel entre l’Allemande et le Cameroun: Son inauguration est venue marquer l’apothéose des act ...
Son inauguration est venue marquer l’apothéose des activités du cinquantenaire de l’implantation du Goethe-Institut en terre camerounaise.
En son temps, la tour Eiffel en France a fait l’objet des critiques les plus acerbes. Plus-tard, elle est et continue à être l’un des sites touristiques les plus brisés dans le monde. Aujourd’hui, c’est au tour du projet culturel les flâneurs d’Edéa de faire mouche. Dans les bus ou dans les conversations à Edéa, les mêmes questions sont revenues dans les échanges : « Ces statuts vont apporter quoi à cette ville ? Qu’est-ce qu’ils ont construit ici, on ne comprend rien à tous ça. Est-ce seulement l’inauguration de ces quatre poteaux avec des bonhommes en pierre qui a déplacé tout ce monde jusqu’au ministre ? ». Des interrogations qui prouvent que les réalisations de l’artiste plasticien Pascale Marthine Tayou ne passent pas inaperçues. Cet ouvrage culturel, symbolique et de renfermissement de liens d’amitiés entre plusieurs peuples a été inauguré ce 25 janvier 2012 à Edéa par Ama Tutu Muna, la ministre des Arts et de la culture.
Les flâneurs d’Edéa sont représentés par huit statuettes. Elles sont constituées de tubes rond grava couvert de blocs de polystyrène taillé au volume du personnage dont le tour fait 4cm. Par la suite, une toile de joute protégée par des fers de 6 et 8 cm ainsi que de grillage de poule. Cet ensemble a été enfin recouvert de béton et peint avec du pluolid, une peinture commandée uniquement pour ces sculptures. Ces dernières, qui pèsent entre 300 et 600 kg l’un, sont élevées grâce à des supports de 9m, 7m, 6m et 5m. Et une profondeur de 3m chacun. La matérialisation de ce projet aux deux extrémités du « pont colonial d’Edéa » par les deux parties (l’Allemagne représenté par le Goethe-Institut et le Cameroun via la CU d’Edéa) vient ainsi raffermir les liens de solidarité, de fraternité, de paix et d’unité. De plus, la construction de ce monument sur la voie de communication est assez significative. D’une part, elle symbolise à la fois la liberté, l’égalité entre les personnes (qu’elles soient d’Edéa ou d’ailleurs) et le partage de l’héritage culturel. D’autre part, elle symbolise l’unité à la fois des localités, des régions, des pays et des peuples.
Le peuple bamoun honoré
Pour donner une importance capitale au projet Les flâneurs d’Edéa, des « projets satellites » ont été enclenchés. C’est le cas de l’Arbre à palabre construit sur la place de la préfecture d’Edéa. Œuvre inspirée des lignes de cahier et réalisée par Salifou Lindou et Hako Hankson, elle « n’est pas là seulement pour embellir la ville. Nous avons tenu compte de l’environnement, de la culture locale et du contexte : rencontre et cohésion entre des cultures différentes. L’écriture Shumum (utilisée dans le Noun, Ouest-Cameroun) qu’inventa le sultan Njoya, est le fil conducteur de cette création dont les formes calligraphiques qui constituent en partie l’ensemble de la traduction phonétique des expressions bassa et allemande », explique Salifou Lindou. Ces projets satellites, selon Dr Irène Bark, directrice du Goethe-Institut, sont des signes annonciateurs « de notre collaboration avec les populations d’Edea. Car, nous allons continuer avec nos différents partenaires un programme intitulé « Agir dans les espaces publics ». Avec toutes ces réalisations en marche, Edéa a désormais une raison pour s’y arrêter et plusieurs raisons pour y séjourner.
Frank William BATCHOU
A Edéa
