Mardi 3 mai 2011 2 03 /05 /Mai /2011 17:02

L’événement s’est déroulé le 30 avril 2011 au Centre culturel français Blaise Cendrars de Douala. Un plateau d’artistes qui a donné plus à voir qu’à danser comme on ce serait attendu.

 DJ Sunshine aux commandes

L’attente a été longue depuis la première édition tenue le 10 février 2011. Finalement, le jour-j est arrivé. La population jeune de la ville de Douala s’est donnée rendez-vous le 30 avril au Centre culturel français de Douala. C’était dans le cadre de la deuxième édition de l’Urban show, ce nouveau concept du CCF de Douala qui donne le pouvoir aux acteurs du hip-hop d’exprimer leur talent sur la scène. Et pour cette autre édition, l’on a eu droit à la prestation des artistes tels que Marsi pour le slam, le groupe Mystère pour l’afro hip-hop, Franky P pour le Rn’B, Palesto pour le raggae et M. Terror pour le rap. Pendant plus de deux heures, le public jeune ici présent a chanté en chœur et vibré au rythme des beats bien mixés ainsi que des scratchs de DJ Sunshine aux platines. Ce rendez-vous du hip-hop made in « Kamer » a débuté à 18h55 pour s’achever à 21h30. Plus de deux d’ambiance entrecouper de défilé de mode et du street dance qui a cependant laissé certains spectateurs sur leur faim : « Le concept est bien et je l’apprécie. C’est ce qui justifie ma présence ici pour la deuxième fois. Cependant, je déplore toujours l’attitude et le comportement des artistes faisant du raggae depuis la première édition. Ils sont amorphes sur la scène, et communient difficilement avec le public. Le hip-hop est un rythme de show et c’est ce que nous venons voir. S’ils sont incapables de nous le donner, nous resteront chez nous », lance triste un spectateur. La soirée s’est achevée par un chant composé sur place et interprété par tous les artistes ayant presté ce jour. En attendant l’amélioration des uns et des autres sur scène, les têtes d’affiches de la 3e édition sont connues. Il s’agit entre autres de Boudor, Hobskur, Yaïli en provenance de Yaoundé, Deido Boy et Black Angel. Le rendez-vous est donc pris pour le 30 juin 2011 à partir de 18 heures précises.

Frank William BATCHOU

 

Prestation de chaque artiste

1-    Marsi, le slam dans l’âme

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A l’entendre s’exprimer sur scène, on se croirait en face du slameur français « Grand corps malade ». Ce, à cause de la profondeur de ses textes et la manière mélancolique et nostalgique de les rendre. Sur ce terrain, Marsi s’illustre donc comme le nouveau « maître » au bled. A travers ses textes, il rend hommage à cette femme du Sahel meurtrie dans sa chair parce qu’elle n’a rien à dire à la maison. Son seul et unique devoir, c’est obéir à son mari et plus rien. S’envolant sur une autre dimension du slam avec en prime un beat d’un jazz des années 60, Marsi, ancien membre du groupe S-Team et accompagné ce jour par l’équipe du Sud, a salué ses « blacks » qui ont et continu à inscrire leur nom en lettre d’or dans les plus belles pages de l’histoire du monde. Il s’agit par exemple de Martin Luther King, Marcus Gravin, Manu Dibango… Il n’oublie pas d’adresser un one love aux frères incarcérés dans les prisons. Et même si nous sommes au XXIe siècle, Marsi pense que l’africain est un esclave moderne. « Regarde cet africain affranchi qui sait écrire, lire, pense ce qu’il dit mais ne peut pas dire ce qu’il pense », regrette l’artiste. Une prestation fortement saluée par l’assistance.     Note : 7/10

 

2-    Mystère : mi figue mi raisin

  Mystère après leur prestation

Côté chant, le groupe Mystère a assuré comme d’habitude. Rien à dire. Les titres comme « Chacun à son enfer », « A muna mouto », « Carolina » ou encore « Il parait » ont permis aux amoureux du hip-hop de sortir de sa timidité et de chanter en chœur dans la salle. Malheureusement, la communion entre les deux artistes sur scène et le public n’a pas été au rendez-vous. Puisque ce public était totalement ignoré pendant la prestation. Un aspect qu’il faudrait revoir aux prochaines prestations… Bonne chance !       Note : 6/10

 

3-    Franky P : Et le Rn’B renaît de ses cendres

Franky P après son show

S’il est un artiste qui a assuré dès sa montée sur scène lors de l’acte II du Urban Show, c’est Franky P. La version « XXL » de l’ambiance à la Rn’B a inondé la salle. Franky P a entraîné les mélomanes dans son univers de lover. Chant nickel, communion parfaite avec le public, toute la salle qui était debout a kiffé la prestation de la photocopie de Singuila aussi bien dans le style, le physique que… Un véritable professionnel de scène qui n’est pas venu « donner du lait ». Pour Marlyse, une spectatrice, « Franky a assuré. C’est le genre de scène qu’on aime voir et vivre. Je suis venu aujourd’hui me rassuré qu’il preste aussi bien qu’il chante dans son album. Il m’a convaincu et j’en suis fière. Bravo Franky et va de l’avant », sourit-elle. Il est à rappeler que c’est l’un voir le premier artiste de Rn’B camerounais qui a vendu tous les exemplaires de son dernier album sur le marché. Une position de N°1 qu’il est venu confirmer ce soir au CCF de Douala. Les absents ont eu torts !  Note : 9,5/10

 

4-    Palesto : Le palestinien du raggae n’assure pas

Le raggae est une musique qui fait bouger. Surtout quand on est sur une scène. Mais, Palesto a fait mieux de garder sa timidité. Plus statique et lover que patron de son propre podium, Palesto n’a pas été à la hauteur des attentes de plus d’une personne exceptées les demoiselles. « Il est venu faire la même chose que nos raggaemen d’ici ont l’habitude de faire. Mettre les mains dans les poches pour chanter devant le public. Le show, il ne l’a pas donné comme cela se doit. Il doit encore travailler sur ce domaine parce que le raggae demande plus que cette piètre prestation », s’indigne un artiste qui a vécu le spectacle. Autre chose déploré, la brièveté des titres interprétés (maxi 1’30) ; on dirait des intro. Ce qui fait dire Odile que « c’était bien comme ça. Il n’a pas mis du temps comme les autres et ça peut donner l’envie aux gens de chercher soit son maxi soit son album pour écouter le reste et la suite des chansons ». Elle a certes raison. Mais, ça peut aussi être un désavantage pour l’artiste en termes de promotion.    Note : 5/10

 

Mr Terror élève son bâtiment B en chanson

Sa carrure de catcheur est à l’image de sa prestation. Et sa position lors de cette soirée hip-hop a été méritée. Puisque l’artiste traînait avec lui plus de la moitié de salle constituée en fan club. Sa kalachnikov vocale posée sur un beat de Dj Sunshine a permis au boss du label « Bâtiment B » de s’illustrer comme l’un des leaders de cette soirée. La communion avec son public devenu choriste était parfait. « Monsieur » Terror qui a revisité le répertoire de son album « Black Alice » l’ayant révélé au public, a également profité de cette occasion pour présenter en chanson un single de son prochain album (dont le titre n’a pas été dévoilé) qui sera dans les bacs très prochainement. Ce single plein de message invite chaque jeune à savoir « où il vient et où il va. Parce que moi, je viens de loin ». Ce titre figurera aussi sur la compil « My Concept » qui sera aussi disponible dans les tous prochains jours.   Note : 9,5/10

Par Frank William BATCHOU - Publié dans : Culture - Communauté : Franky cultures
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