Partager l'article ! Dave King : Un « King » sans couronne... mais un micro: Dès la sortie de son premier album solo "Divine", le jeune artiste s’impose prog ...
Dès la sortie de son premier album solo "Divine", le jeune artiste s’impose progressivement dans le champ musical camerounais grâce à son style et sa voix de rossignole.
Dave King est un jeune homme calme et réservé. Ses proches disent plutôt qu’il est timide. Tant il dialogue rarement. Pourtant, il suffit d’un microphone pour découvrir sa face cachée. Un homme dégagé et épanouit. Un véritable séducteur musical à la voix de rossignol. Dave King l’a bien démontré le 15 mai 2010 au Centre culturel français Blaise Cendrars de Douala. Pour sa première sortie solo, il a tenu en haleine son auditoire pendant plus d’une heure de live. Sa prestation scénique a amené certains mélomanes de le surnommer (aussitôt) « Le King ». Ceci grâce aux six titres que compte son premier album baptisé « Divine ». Selon Dave King, cet album explore la diversité des rythmes du Cameroun qui vont à la rencontre des sonorités mondiales. De plus, « C’est une analyse sociologique subjective, un regard sur la société dans laquelle nous vivons. Avec au centre de la démarche artistique, une profonde interrogation : vers où allons-nous ? », s’interroge l’artiste.
Au regard des divers thèmes abordés dans ses chansons comme Détresse humaine, Crime d’amour, Essele Mbembe…, le public en redemande. Quoi ? « Un nouveau spectacle live bien sûr. Celui du Ccf a été magnifique. Surtout qu’il a un style proche de celui de Charlotte Dipanda et du feu Jeannot Hens. Et j’adore ! », clame Hermine Ewoudji, une fan. Ce fanatisme auquel plusieurs autres personnes ont adhéré. C’est le cas des « enfants de la rue » d’Akwa. Ces derniers se sont mobilisés pour s’offrir quelques Cd originaux de l’artiste. Une grande première.
Un parcours sinueux…
C’est à l’aube d’un 16 mai que Dave King pousse son premier cri à Douala. Benjamin d’une fratrie de 13 enfants, ses parents lui donne le patronyme de David Kingue. Le quotidien à la maison est un dur apprentissage de la vie. En tant que cadet, il subit les humeurs de ses frères et sœurs. Il apprend alors à côtoyer des jeunes comme lui, très tôt plongé dans la précarité. Dave apprend alors à se débrouiller et à se battre. Dans cette débrouillardise, il développe un amour pour la musique et reprend les musiques d’Eboa Lottin. Affecté par le décès de sa mère, ce fils de Dibombari (département du Moungo) rejoint sa sœur à Yaoundé où il poursuit ses études. A l’école, il devient la tête d’affiche des shows animés par les groupes de jeunes de sa classe. Il fait alors la rencontre de Boro, membre du groupe « Les têtes brûlées » et de Mapy Joe. Dave n’a que 14 ans. Les deux musiciens lui donnent l’opportunité de travailler sa voix avec un accompagnement professionnel.
De retour à Douala en 1996, il rencontre le feu Jeannot Hens. Ce dernier lui ouvre les portes du milieu professionnel. Dave fait alors ses premiers pas dans les cabarets et finit par enregistrer une prémaquette dont les titres sont essentiellement makossa. Par la même occasion, il rencontre et côtoie des artistes comme Jacky Kingue, Fred Bollo, Empereur Nguebo Solo, Pakito, Monny Eka… qui restent émerveillés par son talent d’interprète, son style et surtout sa voix. Quelques années après, il retourne au gospel via la chorale Sion de l’église pentecôtiste. Où il est l’un des chanteurs principaux pendant cinq ans. Durant cette période, il profite pour composer ses propres chansons « puisées dans les profondeurs des musiques spirituelles et des compositions de mes idoles : Eboa Lottin, Henri Dikongue et Jeannot Hens ». Courant mai 2010, Dave réalise enfin son rêve de plus de 14 ans : mettre sur le marché un album. Pour lui, « ce n’est pas parce qu’on a sorti un album qu’on croit qu’on est arrivé. Mon premier album est là. Mais le plus dur reste à venir », conclut-il.
Frank William BATCHOU